Savoir faire jouer la concurrence

Lors de la recherche d’un emploi viennent toujours à un moment ces deux question : où en êtes vous dans votre recherche ? combien souhaitez vous en terme de rémunération?. La marge de négociation une fois la proposition reçue est extrêmement faible et c’est, je pense, la réponse à ces deux questions qui conditionnera le chiffre écrit sur le papier.

Inutile de vous dire que pour tous les grands groupes une grille existe en fonction de votre école : plus l’école est côté meilleure sera la proposition, difficile de négocier. Par contre pour les SSII ou les éditeurs de logiciel la marge peut être un peu plus grande.

Lorsque vous parlez d’autre pistes soyez prudent : inutile de mettre en concurrence les SSII. Elles savent qu’elles ont grosso modo la même chose à proposer et ne feront pas monter les tarifs entre elles. Par contre une concurrence avec un éditeur de logiciel ou une grosse banque pourra les pousser à faire une proposition un peu plus élaborée. Je pense qu’il est aussi toujours plaisant pour nu recruteur de savoir que son futur collaborateur intéresse d’autres entreprises.

Dans mon cas la première proposition que j’ai eue émanait d’un éditeur de logiciel. Je lui avais donné une fourchette par rapport à la promotion précédente et mes camarades de promotion déjà embauchés. Ayant répondu que j’étais au début de mes recherches la proposition salariale a été au niveau de la branche inférieure de mes désirs (voir 200€ de moins ce que j’ai trouvé un peu rapia). Deuxième proposition d’une SSII cette fois : je n’étais plus au début de mes recherches et j’avais ma première proposition à mettre en avant (tout en gardant des réserves, si la RH pense que votre job rêvé est celui proposé par un concurrent elle ne cherchera pas à pousser votre dossier vers l’avant) la proposition salariale était 1k au dessus de la précédente et était accompagnée d’un package meilleur que celui de ma première proposition.

Enfin ma troisième proposition – ou j’avais clairement affiché qu’il s’agissait de ma dernière candidature ayant déjà des proposition intéressantes d’un point de vue métier et salaire- fût la meilleure des trois (un peu aidé par la grille jeune diplômés non actualisé malgré la crise !).

Evidement me direz vous pour faire jouer la concurrence il faut avoir plusieurs offres en même temps, ce qui n’est pas tout le temps le cas ! Mes candidatures étaient assez rapprochées les unes des autres mais en fonction des entreprises le processus de recrutement a pris de deux à neuf semaines. J’ai donc demandé un temps de réflexion par rapport aux autres candidatures en cours. Cette demande n’était pas aisée (du style : ton offre est sympa mais j’aimerai savoir si je peux pas avoir mieux ailleurs) et plus formulé sous la forme ‘j’aimerai prendre le temps de la réflexion pour mon premier métier’ en demandant la date limite de réponse acceptable pour le futur employeur. Suivant les entreprises j’ai eu entre 15 jours et un mois pour ‘réfléchir’. Le fait d’avoir une date butoir pousse aussi les autres recruteurs à faire avancer votre dossier : ‘je dois répondre à une autre proposition avant fin août, le poste que vous me proposez me plais plus mais dans la conjoncture actuelle je peux difficilement prendre le risque de refuser une offre sans rien derrière’.  Bref il n’y a pas de raisons que seul les employés soient en concurrence pour les postes !

Je n’ai jamais réellement été tenté par travailler dans une SSII, ma candidature avait pour double but de me permettre de subsister en cas de déconvenues sur toutes mes autres candidatures et aussi de mettre en avant le fait que j’avais une proposition ferme d’un autre employeur. Je n’ai aucune certitude quand au fait que cela ait pu aider ou non mes candidatures mais cela m’a donné plus d’assurance dans les entretiens.

Entretien … entretiens

L’entretien est toujours un moment de stress, en effet on ne sait jamais à quoi s’attendre. L’idéal serait de connaître la fonction des personnes qui vont vous interviewer afin d’adapter votre discours en conséquence (typiquement lorsque l’on vous demande de vous présenter évitez de parler technique à une RH et de parler trop plan de carrière à un technique. Il existe plusieurs types d’entretiens qui correspondent à plusieurs moments du recrutement :

  • L’entretien téléphonique :

Il s’agit d’une épreuve d’entrée dans le processus de recrutement : cela signifie qu’il y a beaucoup de candidats et que le recruteur souhaite faire un tri préparatoire. Sans avoir la personne en face il est, je trouve, difficile de se faire une idée de ce que pense votre interlocuteur et donc de rebondir sur tel ou tel sujet … Les entretiens téléphoniques que j’ai eu étaient généralement relativement informels, présentation de la société recherchant un nouveau collaborateur, présentation de mon projet personnel et brève discussion sur le poste. Avant de raccrocher pensez bien à demander quelles seront  les prochaines échéances (en particulier une date de retour pouvant mener à un entretien ‘réel’).

  • L’entretien RH :

Cet entretien à pour but d’identifier votre personnalité, votre sociabilité et vos capacités d’évolutions dans la société (qui a dit un entretien RH ne sert à rien !!). Il peut être éventuellement agrémenté d’un test de personnalité. Ce billet vous en dira un peu plus sur les tests qui peuvent être soumis à votre sagacité (oui j’ai bien aimé ce blog et je le fais savoir ^^). Ces tests ne servent pas à grand chose si ce n’est à être confronté avec votre attitude pendant l’entretien ou à détecter un problème majeur. Il vaut donc mieux répondre le plus honnêtement possible (sauf si vous êtes un peu psychopathe, dans ce cas là un ou deux mensonges peuvent servir :D). Soyeux chaleureux, sur de vous (non vous n’avez pas peur du poste) sans être arrogant (oui c’est un défit à relever et il faudra que je fasse des efforts pour réussir). Eviter de parler de projet professionnel à 10 ans où vous deviendrez responsable du SI de la Société Générale, préférez parler de l’intérêt du job à venir et de l’évolution suivante, arguant que pour la suite tout était dépendrait de la manière dont se passeraient déjà les prochaines années. Surtout n’hésitez pas à donner une partie de vous-même à la curiosité de votre interlocuteur (timides il va falloir se forcer !). C’est généralement l’étape ou l’on parle salaire. Donner une fourchette par rapport à d’autres propositions (l’idéal) ou des camarades de promotion est la chose à faire.

  • L’entretien opérationnel

Pour moi il s’agit du plus difficile de tous les entretiens : généralement assorti d’une liste de question techniques, certaines sensées d’autres réservées aux spécialistes des entretiens (demander à une jeune diplômé de lister des différences entre .Net 2.0 et .Net 3.0 relève pour moi de l’aberration, pourtant on m’a demandé de le faire). Il faut convaincre sur la qualité de sa formation, sur sa capacité d’autonomie et donner l’envi à la personne qui est en face de vous de travailler avec vous ! Cet entretien ne fait généralement pas de cadeau et il est bon d’avoir potassé les sujets potentiels avant de s’y rendre (les entretiens fonctionnels en finance peuvent être particulièrement violents !).

  • L’entretien avec le manager

Ca y est vous touchez au but ! Il ne reste plus qu’un ou deux candidats en course ! Le manager juge généralement de votre motivation et de l’adéquation de votre caractère avec son équipe. Il va vous demander – pour de l’informatique en tout cas – si vous aimez plutôt les choses techniques compliquées ou des processus plus visibles, ce que vous avez retenu du projet … par cela il cherche à savoir si vous seriez un bon complément à l’équipe déjà en place. Il y a une grosse part de relationnel dans cette étape.

Jeune diplômé cherche du travail !

Tout nouveau jeune diplômé (je n’ai même pas encore reçut mes justificatifs de diplôme !!) je viens de passer par la case recherche d’emploi, et je vais essayer de vous faire profiter de mon expérience dans le domaine dans une série de quelques articles.

Pour situer le contexte je suis diplôme d’une école d’informatique « bien cotée »  et titulaire d’un master 2 en finance. Il y a un peu plus d’un an quand je m’étais engagé dans cette filière tous les indicateurs étaient au vert : finance + informatique double voie royale !! Puis soudain patatras : une petite entreprise familiale, Lehmann’s Brothers  faisait faillite et entraînait avec elle le monde en récession.

Trouver un stage long ne fut cependant pas trop compliqué : bon diplômes + pas de prétentions salariales (j’avais juste précisé que je n’accepterai pas si je devais payer mon loyer plus cher que ce que l’on me donnerait!).  Stage trouvé en novembre 2008 pour commencer fin mars 2009. A partir de juin j’ai donc commencé à chercher un CDI.

Première constatation du travail pour les informaticiens il y en a. Mais s’il est encore à peu près possible de choisir la technologie avec laquelle vous souhaitez travailler choisir le fonctionnel relève presque de l’utopie. Dans ce premier article je vous propose une mini liste des employeurs potentiels associés avec leurs qualités / défauts.

  • Les SSII :

Premiers pourvoyeurs d’emploi dans le milieu de l’informatique depuis des années. La donne a beaucoup changé avec la crise : salaires tirés vers le bas (vous comprenez  nous avons des personnes avec trois ans d’expérience en inter-contrat, donc vous …) embauche sur profil quasi inexistantes : beaucoup de société font passer trois entretiens, vous disent vous nous intéressez allons chez un client potentiel. Si le client est prêt à vous accueillir le contrat sera miraculeusement imprimé le lendemain sinon il faudra attendre qu’un autre client vous accepte.

Dans le principe il y a une certaine logique à attendre l’obtention d’une mission pour signer le contrat, et cela donne la possibilité au futur employé de se rétracter si la mission n’a pas l’air folichonne. Mais pour moi le risque devrait être partagé, bien souvent si vous n’obtenez pas le contrat c’est parce que le commercial vous à envoyé sur une mission pour laquelle vous n’étiez pas adapté, ou pas bien briffé (ce qui peut faire mal au moment de l’entretien de motivation !) donc autant jouer à égalité : je cherche tu travailler et je donne tout pour en avoir, en échange tu donnes tout pour m’en trouver car tu t’es engagé avec moi.

Avantages d’une SSII :

–          Possibilité en deux ans d’acquérir deux expériences à forte valeur ajoutée pour le CV dans deux entreprises différentes.

–          Si une mission ne convient pas, possibilité de changer rapidement.

–          Evolution salariale rapide.

Inconvénients :

–          Pour votre SSII société vous êtes un pion placé chez un client qui génère un flux journalier (même si on vous dira partout ou vous irez non chez nous ce n’est pas comme ça. Si possible prenez des SSII à taille humaine ou votre existence n’est pas dissoute par le nombre).

–          Pour la société cliente vous êtes un élément présent pour une durée déterminée (même s’il y a une bonne ambiance, il y a quasi toujours distinction visible).

  • Les grandes banques

Cherchant un emploi dans le milieu de l’informatique et de la finance je me suis naturellement tourné vers les banques qui disposent de merveilleux systèmes d’information (geek inside !). Et là surprise : pour beaucoup d’entre elles les embauches sont gelées (j’ai eu confirmation interne, les sites de recrutement recherchant des moutons à 5 pattes, par exemple un jeune diplômé ayant 5 ans d’expérience de développement C# et une bonne connaissance des produits de taux …)

Les banques recrutent énormément de prestataires pour leurs SI mais la tendance n’est pas franchement à la hausse pour les recrutements en interne. Heureusement, certaines banques misent encore sur le long terme et quelques postes sont disponibles.

Avantages :

–          Grands groupes avec possibilités d’évolution en interne

–          Structures avec beaucoup de moyen

–          Conditions salariales avantageuses

–          Entreprises qui parlent sur le CV

Inconvénients :

–          Risque de plafonner dans l’entreprise

–          Evolution salariale plus faible qu’en SSII

–          Grosses structures avec les lourdeurs qui en résultent (en particulier par rapport au processus de développement … cependant il peut aussi s’agir d’une garantie de qualité)

  • Les éditeurs de logiciel

L’éditeur de logiciel financier est une entreprise particulière : extrêmement rentable (généralement) elle a toujours peur de se faire dépasser par un nouveau concurrent et recherche sans cesse des personnes lui permettant d’aller de l’avant. Il y a de belles offres dans ce secteur mais des concessions sont nécessaires pour travailler dans un tel milieu.

Inconvénients:

–          Un niveau salarial légèrement inférieur (si ce n’est pas dans le salaire, c’est dans les tickets restaurants ou dans le CE, comptez une différence de 1 ou 2 k€.. ce qui n’est pas énorme)

–          Une poste plus flou : s’il s’agit d’une petite structure vous aurez une feuille de route beaucoup moins spécifiée que dans un grand groupe.

–          Plein de pression : il faut vendre au client, si l’on ne vend pas, on meurt.

Avantages :

–          Responsabilité accrue.

–          Evolution rapide au sein de l’entreprise.

–          Ambiance de qualité, en particulier chez les petits éditeurs (ambiance qui peut aussi tourner rapidement au vinaigre en temps de crise !!)

Maintenant que les cibles sont identifiées il est temps de préparer son plan d’attaque : cv et lettre de motivation en première ligne !